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LE CENTRE PSYCHIATRIQUE
1932-1939

Vue aérienne du domaine de Ravenel (1938)

Le XXe siècle fait basculer l'histoi re du domaine de Ravenel, des ves- tiges du château médiéval, ses ventes de la Révolution au domaine Buffet vers un devenir, dont les événements locaux puis mondiaux vont se charger de changer le cours durant plus d'une décennie. Les péripéties de cette construction annoncée seront multiples. De 1932, avec un premier projet construit mais refusé, à 1947 date du début de l'hôpital Ravenel, l'attention et les remarques des habitants, des politiques, sur cet établissement hospitalier avaient dès les origines pu être ex- primées à maintes reprises.

La construction du Centre hospitalier Ravenel relève de la loi du 30 juin 1838, dans laquelle il est stipulé à l'article 1 : « Chaque département est tenu d'avoir un établissement public spécialement destiné à recevoir et soigner les aliénés ou de traiter, à cet effet, avec un établissement public ou privé, soit de ce département soit d'un autre département. » Dans les années 1930, une vingtaine de départements de métropole étaient toujours dans l'impossibilité d'appliquer la loi. Et notamment le département des Vosges, qui, pour palier à ce manque, avait établi un contrat unissant, durant de nombreuses années, le département des Vosges avec celui de Meurthe-et- Moselle. Ainsi, en 1935, on estime à 526 le nombre de patients vosgiens hospitalisés à l'asile de Maréville (auj. partie de Laxou). Or, ce contrat arrivant à expiration en 1937 et l'établissement de Maréville étant de plus en plus surpeuplé, il fallait s'attendre à l'impossibilité d'y adresser les patients vosgiens. La pression du préfet de Meurthe-et-Moselle est clairement exprimée lors de ses interventions au conseil général. La fin du contrat semblait acquise même si une ou deux années de plus pouvaient être encore nécessaires à la mise en route de l'asile de Ravenel.

Les projets d'un établissement psychiatrique

Les bâtiments A et B

À l’origine, en 1932, le département avait engagé des pourparlers avec une société ayant à sa tête le sénateur Georges Faugère afin de créer un asile d’aliénés. Ce dernier devait l'être à Ravenel, et au bout de trente années devenir la propriété du département. Dans cette perspective, la Société Foncière Immo- bilière (SFI) avait soumis au conseil général des Vosges, alors présidé par René Porterat, un projet de convention engageant le département des Vosges à donner pendant 30 ans, la clientèle de ses aliénés assistés. En contrepartie immédiate, ladite Société s’engageait à recevoir des malades dès l’ouverture de l’établissement en principe à partir du 1er juillet 1934. Alors que les travaux touchent à leur fin, une enquête de l’Inspection générale du ministère de l’Intérieur fait apparaître que le projet ne présente pas toutes les garanties exigées. Il est en partie reproché un entassement excessif des malades. De ce fait, l’administration centrale ne donne pas son approbation au projet. Ces locaux seront cependant achevés et utilisés ultérieurement dans le futur établissement, nommés respectivement bâtiment A et B qui seront occupés par l’armée française de septembre 1939 à juin 1940.
Des questions financières empêchent la société Faugère de terminer la construction de l’asile, et début 1934, ladite société se trouve dans une situ- ation difficile et ne peut tenir ses engagements. La loi de 1838 ne pouvait donc être appliquée. En mars 1934, le département ne pouvant plus recourir à des solutions provisoires se trouvait contraint, du fait de la carence du promoteur, de passer un contrat de longue durée avec l’Asile de Maréville, une demande accordée et réduite à deux ans et demi, sur accord des préfets des deux départements devant l’afflux annuel de nouveaux malades.
Le préfet rappelait à la SFI dans un courrier du 15 mai 1934 (soit un mois et demi avant la date officielle d'ouverture prévue) : « Jusqu'à ce jour, votre Société n'a pu se mettre en état de remplir cette obligation, et l'état actuel des travaux de construction permet de conclure qu'elle ne sera pas à même de le faire avant un délai assez long. Devant la défaillance de votre société, le département des Vosges se trouve appelé à envisager des mesures pour assurer le placement de ses malades. Il ne lui est plus possible de recourir à des mesures provisoires. J'ai donc l'honneur de vous faire connaître que je me vois dans la nécessité de soumettre au conseil général, à sa prochaine session, des projets de contrats de longue durée avec d'autres établisse- ments, pour le placement des malades des Vosges. »
Le département ne peut plus attendre et veut mettre fin à cette crise. Paul Dupuy, préfet des Vosges, prêt à s'engager sur d'autres projets s'adressait aux élus du département lors de la session de septembre 1934 : « Eh bien, Messieurs, nous avons été sollicités par ailleurs. Un autre groupement, disposant d'un capital de 21 millions était disposé à créer dans les Vosges un

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asile d'aliénés avec tout le confort et les dispositions médicales modernes et cette société est prête à fonctionner quand on le voudra. Elle dispose en ce moment de ce capital et peut-être dans 6 mois n'en disposera-t-elle plus. Aussi, malgré cette lettre de la société Faugère, je vous demanderai d'approu ver le rapport que je vous ai soumis de façon complète, parce qu'il prévoit que la commission départementale pourra traiter avec des sociétés, avec la société ancienne de Ravenel, avec le groupe Faugère ou avec d'autres groupes. On devait pouvoir fonctionner le 1er juillet 1934, et on ne le pourra même pas dans un an, donc c'est fini. Nous n'avons jamais rien signé, nous n'avons aucun engagement écrit, nous avons des engagements par suite des délibérations prises par le conseil, mais nous n'avons échangé aucune écriture, nous n'avons qu'un contrat moral avec le groupement Faugère, je crois que nous pouvons nous considérer comme libérés. La commis- sion départementale jugera si elle doit continuer les conversations avec le groupe Faugère ou avec d'autres groupements. »
En 1935, sous peine de se trouver dans une situation critique, il faut donc définir rapidement une politique acceptable de soins aux malades mentaux vosgiens. Le 10 novembre 1935, Maurice Flayelle, sénateur des Vosges, président du conseil général, décide de reprendre le projet de l'édification d'un hôpital psychiatrique au lieu-dit de Ravenel. Pour se faire, il s'aide d'une commission spéciale d'étude où figure un certain nombre de membres de la commis- sion départementale. Le préfet est quant à lui, chargé d'obtenir les accords indispensables du ministère de la Santé publique. La décision de construire l'établissement est prise le 10 mars 1936. À cette époque, un tel projet engendre une grande inquiétude à Mirecourt et dans ses environs.

Évaluation des besoins

Le domaine est vaste. La conception de l'établi- ssement est telle qu'il lui est possible d'accueillir 800 lits, susceptible de s'étendre à 1.200. Outre le problème de financement, se profilent déjà les interrogations quant au recrutement du personnel médical, paramédical et administratif nécessaire au bon fonctionnement d'un établissement d'une telle envergure. Les plans de construction retenus sont ceux du cabinet de Monsieur Jacquet, architecte. L'article de Pierre Louis Laget, dans Mirecourt, une ville et ses métiers, édité par la fédération des Sociétés savantes du département des Vosges (2013), commente les similitudes entre l'asile de Lanne- mezan dans les Hautes-Pyrénées mis en service en 1938 et l'asile de Ravenel. En effet, tous deux obéis- saient à une conception rigoureusement identique qui découlait du programme architectural fixé selon les directives préconisées par le docteur Julien Raynier, inspecteur général du ministère de l'Intérieur et son adjoint Jean Lauzier, sans doute eux-mêmes influencés par les réalisations du docteur Thomas Kirkbride aux USA après 1875. Le système de zonage et son plan en « V » étaient une caracté- ristique de cette politique architecturale. Pour Ravenel, un avant-projet de Jacquet suivant ce programme comportait déjà toutes les caracté- ristiques du projet final. La surface libre de 85 hectares utilisables aux constructions va être utilisée à bon escient dans le domaine de 300 hectares.
Après approbation de ce projet, le conseil général des Vosges décide de contracter les emprunts répondant au coût du terrain et de la construction. Par ailleurs, après accord du docteur Raynier, le département fait appel au professeur Santenoise, conseiller technique du ministère de la Santé publi- que, pour surveiller le bon déroulement des travaux.
Le conseil général des Vosges sait qu'il ne supportera pas seul les charges de l'édification de l'hôpital. Une convention entre le département de la Seine et celui des Vosges permettant, moyennant une aide finan- cière pour la construction de l'hôpital, d'y transférer 500 à 600 patients de la Seine est signé et pour cette raison, fin 1936, le projet initial de 800 lits est porté d'emblée à 1.200. Début 1937, il reçoit rapidement l'approbation du ministère de la Santé publique et durant deux ans va faire palpiter la vie locale. D'âpres discussions animeront les bancs du conseil général. Le projet initial de 15 millions ne va-t-il pas atteindre plus de 90 millions en 1939 ? Mais l'ambition est là, l'aide publique aussi, les espoirs permis. L'histoire de Ravenel sort de sa source. On agit vite. Les projets se chevauchent.
Une première décision est prise en novembre 1936 concernant l'alimentation en eau potable de la maison de santé, conformément au devis dressé par l'Ingénieur en chef du génie rural à Nancy. Dans l'ordre des priorités, le 20 novembre l'assemblée vote les travaux d'élargissement et de consolidation de la chaussée du chemin vicinal ordinaire no 2 pour les transports lourds au domaine de Ravenel, à la charge du département, et la fourniture, la mise en œuvre des matériaux calcaires nécessaires.
Les offres recueillies pour l'exécution de ces travaux comportaient des réserves en vue de la révision des prix consentis, lors de l'application de la loi des 40 heures. En effet, les événements de l'année allaient avoir des répercussions immédiates sur ce jeune chantier. En premier sur les prix. L'augmentation des salaires va faire croître de près de 40 % les devis. Dans un second temps, la loi suscitée est vite perçue comme une entrave à l'exécution rapide du projet. Des demandes d'exemption seront demandées et acceptées. Les 48 heures resteront, c'est décidé au conseil général : « Considérant que les travaux de con-

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Plan de masse des bâtiments (1936)

struction des chemins à l'intérieur de l'asile et la fourniture des matériaux destinés aux bâtiments doivent être menés le plus activement possible, nous avons émis le vœu que l'entreprise Antonini et Maire qui en est chargée soit autorisée à porter de 40 à 48 le nombre d'heures de travail par semaine. Nous avons aussi émis le vœu qu'une même autorisation soit accordée à la Fédération des entrepreneurs pour les travaux de construction des bâtiments de l'asile dont ils viennent d'être chargés par adjudication, travaux d'une très grande importance qui doivent être exécutés dans le délai d'un an au plus ».

Toujours plus vite, en février 1937, la commission spéciale a décidé de mettre à exécution, le plus tôt possible, les travaux de création des voies intérieures d'exploitation de l'asile, dont les plans et devis ont été étudiés et dressés par le service vicinal. C'est encore la société de Messieurs Antonini et Maire qui est déclarée adjudicataire. Nous sommes en avril 1937. La première tranche des travaux de cons- truction est adjugée portant sur huit lots de travaux des gros œuvres : terrassement maçonnerie, ciment armé, charpente en bois, couverture, ferblanterie et plâtrerie des constructions. Le chantier n'était pas dépourvu d'intérêts pour l'économie locale et tout autant pour les entreprises. Des travailleurs italiens venus exprès pallier au manque de main-d'œuvre. Des cantines installées au fond du domaine vont être d'une grande utilité et on peut imaginer que les familles locales étaient satisfaites de cette arrivée inopinée de travailleurs. À l'automne 1937, l'adjudi- cation votée en juillet permet l'exécution de la 2e tranche de travaux de construction de l'asile. Ainsi peut-on suivre l'évolution du chantier ! Le préfet très actif et impliqué surtout que ce projet revêt une importance sur le plan local, mais aussi médical et que son exécution doit faire disparaître l'échec du premier projet.

Les premiers pas

Il fallut donc quasiment un siècle après la publication de la loi du 30 juin 1838 pour que le département des Vosges débute la construction de son centre hospitalier spécialisé. La première pierre de ce qui doit, aux dires de certains experts européens en psychiatrie, être l'une des meilleures illustrations des doctrines psychiatriques françaises, est posée en août 1937. De même, pure coïncidence, mais reflet d'une volonté nationale d'une nouvelle prise en charge des patients « aliénés », c'est en 1937 que, suite à un décret ministériel, on attribue aux asiles la dénomi- nation d'« hôpitaux psychiatriques ». Cependant, rapidement, les travaux sont stoppés. En effet, les dépenses excédant déjà les prévisions financières de 1936 et ceci pour deux raisons principales : la nécessité de diverses améliorations, en particulier l'alimentation en eau potable, le traitement des eaux usées, le perfectionnement des installations sanitaires et l'augmentation des prix, conséquence de la reprise de l'inflation. Pourtant en 1938, l'avancée rapide du gros œuvre est soutenue. Cela relance au sein du conseil général des Vosges le débat sur la nécessité de construire un établissement public, alors qu'il n'y a aucune stabilité économique. En 1939, le président du conseil général, André Barbier, appel- lera le conseil général à voter un nouveau crédit de 20.000.000 francs portant ainsi le total à 90.600.000 francs. C'est aussi à la même époque que la propriété du colonel Vuillaume, déclarée d'utilité publique est acquise le 23 avril en l'étude de maître Aubry, notaire à Mirecourt et incorporée au domaine départemental pour un projet d'aménagement des dépendances du château, afin d'y créer des loge- ments pour le personnel. Le projet de centre psychiatrique allait intégrer les fermes avoisinantes, la ferme de Ravenel en 1936 puis la ferme du Beau Joly, celle du Haut de la Vigne et celle du Beaufroy, allaient tomber dans l'escarcelle du centre, donc du département.
Deux séries d'arguments en faveur de cette implantation ont été développées pour justifier l'établissement de l'hôpital à Ravenel : sa situation géographique et sa localisation. Situé à 1,5 kilomè- tre du centre de Mirecourt, ville artisanale de renom de 5.400 habitants, et à 38 km d'Épinal, le domaine de Ravenel associe facilité d'accès pour la venue des familles (transports en commun, SNCF) et pour les livraisons (réseau routier). La proximité relative de Mirecourt permet d'atténuer la notion d'isolement et aide à la réalisation d'une rééducation sociale satis- faisante. Suffisamment à l'écart des villes, des écoles, des débits de boissons, mais également de toute source de bruit ou d'odeur pouvant nuire au bien-être du patient, on remarque que son orientation, à 289 mètres d'altitude, au sud des petites collines boisées de Mirecourt et de Poussay, le met à l'abri des vents dominants. De ce fait, l'hôpital bénéficie d'un climat favorable. De même, ce domaine n'est traversé ni par un cours d'eau, ni par une voie ferrée et n'est pas situé près d'un grand axe routier. On peut ainsi espérer diminuer de façon notable les risques d'accident et surtout protéger certains patients aux tendances suicidaires. À proximité de ce site aéré, les terrains cultivables peuvent être utilisés pour l'occupation des pension- naires et également pour assurer une semi-autarcie de l'établissement.
L'ouverture est prévue pour mai 1940. En octobre 1938, un premier bilan de la commission spéciale fait

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apparaître l'avancée des travaux et le constat semble positif. Toutefois, on s'impose des remarques. Pour les uns, il faut aller jusqu'au bout, voter les crédits nécessaires. Pour les autres, c'est encore et toujours la critique acerbe du projet pharaonique du préfet. En cette fin d'année, les dépenses atteignent 52.695.000 francs et une session spéciale du conseil général est demandée pour voter les sommes nécessaires à l'achèvement de la maison de santé. Maréville coûte 4 millions par an. C'est beaucoup, mais pas autant que cet hôpital. Le rapporteur en appelle à la poursuite. Mais il est étonnant de constater que ce projet arrivant dans sa phase finale, de nombreuses dépenses ne soient pas encore étudiées. L'élu d'opposition Charles Weill monte au créneau : « Je crois qu'on pourra dire que Ravenel sera le Panama du conseil général des Vosges. On nous a tous induits en erreur, plutôt trompés. Cette affaire a été mal étudiée dès le début. On a d'abord voté 15 millions, ensuite 35 millions, dernièrement 55 millions. Vous pouvez être assurés que cela dépassera 80 millions. Il faut aller jusqu'au bout. Je crois que, dans cette affaire, le conseil général a pris une grosse responsabilité dont vous supporterez les conséquences […] »

Pour le docteur Gaillemin, conseiller général, la construction de Ravenel est une nécessité absolue. On parle de gros chiffres, de crédits toujours insuffisants. Mais peut-on faire marche arrière ? Après un premier échec, l'ambition de ce projet unique est d'avoir le meilleur. On avance car il serait tout aussi impossible d'arrêter. La sous-commission agricole procède à l'installation des fermes et à leur mise en état de fonctionnement. De ce côté là tout va bien. On procède à l'achat de bétail, à l'acquisi- tion de harnais, de machines agricoles et de matériel.
Fin 1938, les travaux sont poussés à un rythme rapide. Tous les pavillons sont traités, tous sont en construction, la totalité sera couverte dans le courant de l'hiver et les anciens bâtiments auront leur gros œuvre terminé sous peu. Le captage de la source est terminé et donne satisfaction. Reste à traiter les réservoirs souterrains et surélevés. Malgré sa superbe, le château d'eau n'est pas en fonctionnement, il ne le sera qu'après la guerre. Le travail a été confié à la « Société Générale de Travaux et de Construction » d'Issy-les-Moulineaux. Cette même société s'occupera des galeries souterraines pour l'installation des conduits d'eau et de chauffage.
Au fond du domaine, depuis le début des travaux, les cantines proposent leurs services aux ouvriers dont une partie est venue exprès d'Italie. Les bâtiments sont sortis de terre. Alors vient le moment d'envisager le problème de l'alimentation électrique. Deux solutions sont proposées. Un raccordement au ré- seau haute tension et installation d'un turbogroupe à contre-pression qui, installé à la centrale thermique, alimenté au charbon, fournirait le courant en cas de panne de secteur et un appoint non négligeable en énergie, soit un raccordement pur et simple au secteur entraînant à la « Compagnie lorraine d'élec- tricité » la fourniture exclusive du courant, d'où la nécessité de l'établissement d'une ligne de secours pour assurer la sécurité.

Enfin, on perçoit l'arrivée du personnel. On connaît la situation locale. Il n'y a pas suffisamment de logements. Les disponibilités autour de Mirecourt, c'est soixante logements pouvant être mis à la disposition de ménages et vingt-cinq garnis pour célibataires. Par ailleurs, quarante agents pourraient être logés dans l'hôpital et d'autres trouver un logement dans les pensions et hôtels. Mais cela reste insuffisant. Une nouvelle proposition voit le jour avec la Société Départementale et Rurale d'Habitation à Bon Marché (SDVRHBM) créée au début du siècle, pour l'édification à proximité de l'asile d'un nombre de logements « cités jardins ». Elle réaliserait soixante-huit logements répartis en dix-sept pavillons dotés d'un jardin potager, prenant en charge les études des constructions, mais aussi travaux de viabilité, voies de desserte, adduction d'eau potable et évacuations des eaux usées. L'eau potable serait fournie par la ville. La société du gaz prête à étendre son réseau, les égouts rejoindraient ceux de Ravenel. Pour simplifier, l'implantation des pavillons est envisagée sur le terrain cédé par le département, un terrain situé entre la propriété Aubry et la voie ferrée en bordure du chemin vicinal no 2 conduisant à Ravenel. À la fin du rembourse- ment, le programme reviendrait au département et non à la société anonyme, dixit le président du conseil général. Un consensus avec le préfet émerge pour faire des logements de qualité au plus près de l'hôpital. Le programme de maisons pour le personnel ne verra le jour qu'après la guerre, avec la nouvelle société HLM des Vosges.

Et la guerre survint

L'armée française est là, car un rapport de l'archi- tecte départemental est donné au président, au sujet de l'occupation et des besoins de l'armée et ceux de la défense, de divers locaux situés dans des immeubles appartenant au département au sujet d'un problème d'assurance. Malgré les travaux rapides, une demande de prorogation du contrat avec l'asile de Maréville est une fois de plus engagée. En effet, l'ouverture et le fonctionnement de l'hôpital, retardés par les événements, ne semblent guère, selon le préfet, pouvoir intervenir avant l'année 1941. À Ravenel, le second conflit mondial stoppe l'édification de l'établissement alors que la plupart

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des bâtiments sont construits. L'armée française arrivera en septembre, mais n'occupera que les bâti- ments « A et B » ainsi que les dépendances du château Buffet et la villa Vuillaume.